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Le Carré des Cosaques – 2006

Spectacle pour un acteur et trente fantômes de et avec François Houart (Editions Hayez & Lansman).  Co-écriture et mis en scène de  Brigitte Baillieux Gamin, il les appelait «  chers grands-papas, chères grands-mamans » : une baronne polonaise, des ex-officiers russes, de virils cosaques, des réfugiés slovènes, hongrois, serbes, croates, échoués en Belgique pendant la Guerre Froide. Dans les années 60, il a partagé avec eux son enfance dans une improbable maison de retraite.

Aujourd’hui, bien que morts et enterrés depuis belle lurette, les pensionnaires sont venus assister au spectacle irrévérencieux que le « gamin de la directrice et du directeur », devenu acteur, leur consacre… un acteur soudain dépassé par les « chers fantômes » qui envahissent son plateau de théâtre !

Le comédien sait redonner vie, avec pertinence, à une quantité considérable de souvenirs personnels mais aussi au journal écrit par son père, à des articles de presse de l’époque ; nous sommes dans les années 1960. Le tri dans cette enfance extraordinaire permet à un art verbal d’émerger, avec ses fantômes surgis du passé. D’ailleurs, le comédien est lui-même extraordinaire. Il semble si apparenté à ceux qu’il joue qu’il réanime la flamme de toute sa tendresse, de son âme d’enfant jamais disparue. L’Humanité – juillet 2010 L’on est empoigné par ce texte un peu fou … le plateau se ramifie en une multitude de détails qui font sens en une fraction de seconde et donne une vie grouillante à ces invisibles personnages. Quelle puissance d’évocation entre ces semelles usées, ces talons aiguilles, ces bottes, métaphores de toute une vie, sources inépuisables d’histoires qui ont germé dans la tête d’un gosse ! Drôles, poétiques, cyniques, bouleversantes strates de vie et de mort, leçons d’Histoire aussi, des cruautés des conflits et des exils aux hypocrisies de tous bords politiques et religieux. Michèle Friche Le Soir Photos de Véronique Vercheval.